ЯЭPUBLIQUЭ TФTALITAЯISTЭ DU SIMOЙTHФLLФTISTAП

| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Les premiers mécontentements profonds apparaissent ces derniers jours face à la politique menée par le président de la République et le gouvernement depuis les élections majeures de cette année 2007. Régimes spéciaux de retraire, réforme des universités, de l’implantation médicale ou de la carte judiciaire, Nicolas Sarkozy a choisi de s’attaquer à ces chantiers dans le même temps, faisant fi de la prudence et de la lenteur des politiques menées par les deux gouvernements précédents (J-P Raffarin et D. de Villepin).
On pourrait au premier abord saluer cette frénésie réformiste, voulue par les Français, mais à y regarder d’un peu plus près, tout semble aller de travers, tant en ce qui concerne les méthodes de nos gouvernants qu’en ce qui se rapporte aux réponses et aux revendications de l’opposition et des divers syndicats ; la France est actuellement loin de se caractériser par son harmonie sociale et sa bonne santé politique.
Le président et ses ministres (F. Fillon, R. Dati, V. Pécresse) adoptent ainsi une attitude volontairement fermée à l’égard de ceux qui, ouverts au dialogue, sont poussés à la contestation stérile, la droite présentant aux négociateurs une porte close et si peu d’éventualités de concertation. Mais force est d’avouer que nous n’en attendions pas mieux de leur part !
Dans un contexte social laissant entrevoir quelques orages sourds, c’est avant tout la réponse de l’opposition qui étonne et irrite. Il n’est pas difficile de constater que ces derniers temps, la gauche ne joue pas son rôle et n’en est pas vraiment digne, enfermée dans une critique déraisonnée et impuissante, tiraillée entre le désespoir et le jusqu’au-boutisme. Observons plutôt les faits et le concret.
Il est certaines réformes qui n’ont pas de couleur ; qu’elles soient rouges ou bleues, elles sont nécessaires et leur intérêt pour le pays et le peuple devraient passer avant les hommes et les partis, par-delà les drapeaux et l’arrogance personnelle.
Le système actuel de retraites différenciées – dites de régimes spéciaux – est certainement l’une de celles-ci. Le simple fait que l’Etat n’accorde pas les mêmes droits à tous les citoyens et en privilégie certains par rapport à d’autre peut être considéré par certains aspects comme allant à l’encontre de l’idéal républicain. Certes à l’origine les professions concernées étaient particulièrement éprouvantes, mais le fait est que les temps changent et les inégalités s’amenuisent parfois. Peut-on considérer aujourd’hui que le métier de chef de gare est plus esquintant, plus harassant, voire plus périlleux que celui de l’ouvrière en usine, que celui d’éboueur éveillé au beau milieu de la nuit pour que la vi(ll)e nous soit plus agréable ? Les professions concernées par les régimes spéciaux de retraite sont aujourd’hui loin d’être les plus dégradantes, et conserver ce système inutilement coûteux pour l’Etat serait un profond archaïsme. Et pourtant, les banderoles aux relents de trotskisme flottent encore au son d’un vent morose dans les artères des grandes villes, portés par des visages fermés reprenant encore en cœurs mais sans joie des slogans tout au mieux surgi d’un autre temps, au pire d’une autre galaxie. Gardons, conservons, bien qu'autoproclamés progressistes ! La fermeture au dialogue n’est sur ce point pas uniquement dévalue au gouvernement.
L’actualité fourmille de ces détails attristant montrant la précarité actuelle du dialogue social. Ce n’est certainement pas les étudiants des universités françaises qui vous diront le contraire. Étudiant sur un campus universitaire, je constate avec un certain effroi les dysfonctionnements qui secouent la population étudiante et ses organisations. La loi sur les universités est le prétexte rêvé de ceux qui désirent s’affronter une nouvelle fois par le biais de la jeunesse, qu’ils cherchent une revanche longuement conspirée sur le Contrat Première Embauche (CPE) de 2006, ou une plus récente sur le choix qu’a fait la République en Mai 2007. Une opposition stérile et irréfléchie semble avoir une nouvelle fois pris le pas sur le dialogue et la modération, tandis que dans le camp des protestataires ou même de ceux qui doutent du bien-fondé de la réforme des universités, une minorité désire imposer son diktat à la majorité.
Sur les murs de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble, griffonné avec agressivité à la bombe, « Politikar de m*** » (sic), réponse à la modération de certaines élèves de Sciences-Po aux Assemblées Générales (AG). Je vous passe les aberrations orthographiques et vous gratifie d'astérisques. En tout cas, merci du compliment.
Voilà la triste situation qui s’offre aujourd’hui aux étudiants français ; d’un côté, un gouvernement et une ministre impassible, essayant petit à petit de monter les étudiants les un contre les autres, faisant appel aux sondages et surfant sur l’eau de la vague médiatique que le président a daigné leur laisser. De l’autre, une frange minoritaire de l’extrême gauche française, communistes ou entristes trotskistes, répand son discours de flagorneurs saupoudré de mensonges dans les esprits, se précipitant d’AG en réunions à peine organisées et dans lesquelles la population étudiante n’est pas équitablement représentée. Pour quels motifs ? Dans le but avoué de voter des motions trop souvent illégitimes et des blocages qui leur permettront de faire louper quelques cours nécessaires aux étudiants désireux de réussir leurs partiels ou de conserver leurs bourses scolaires, et peut-être à l’occasion de recevoir quelques lacrymogènes de la part de CRS de plus en plus entraînés à ces effusions de haine infructueuses. Évidemment, qui n’est pas fondamentalement marxiste voit sa liberté d’expression réduite à celle d’un opposant au chavisme (une petite pensée à nos confrères vénézuéliens qui risquent de souffrir un peu dans les années à venir).
Dans certaines universités françaises, les modérés – de gauche y compris – sont hués lorsqu’ils tentent de prendre la parole en AG, les votes se font à main levée (rien de plus démocratique !) et voient parfois leurs résultats contestés, et une partie des militants d’extrême gauche, ceux-là même dont l’élévation d’esprit est égale à celle d’un anarchiste puéril de quinze ans dont les parents auraient un 90m² dans le XVIème, se voient forcés d’endommager le matériel de l’État. Prémices des mêmes dégâts occasionnés lors des manifestations contre le CPE ? Peut-être, à une différence près ; les luttes contre cette mesure en 2006 étaient légitimes car l’opinions des personnes concernées, c'est-à-dire les étudiants, y était défavorable. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, et si l’écrasante majorité des étudiants n’est pas viscéralement opposée à cette réforme souvent caricaturée, elle est farouchement antipathique face à des blocages peu payants et incompatibles avec les études dans certaines filières.
Que se passe-t-il donc ? Est-ce en rejettant tout en bloc que l’on parviendra à des réponses alternatives, à des solutions plus consensuelles ? La tendance que l’on observe généralement par les temps qui courent dans le camp des opposants au gouvernement (dont je fais en principe partie) est celle de l’archaïsme, de la confrontation sourde, voire de l’égoïsme. Les cheminots défendent leurs avantages et demandent des moyens. Les AG étudiantes illégitimes défendent leurs avantages et demandent des moyens. Les pêcheurs font de même, les internes en médecine pas mieux.
Voilà qui est dommage, en cela que certaines de leurs revendications auraient le mérite d’être prises au sérieux, car un débat national sur toutes ces questions se devrait d’avoir lieu afin de préserver – ou plutôt d’atteindre - un climat social plus harmonieux.
Le Parti Socialiste (PS) , ne sait plus où donner de la tête, hésite sur les mesures à contester, se demande où chercher un avenir plus prometteur, et a oublié qui condamner ; le gouvernement ou ses propres camarades, une seule figure de proue de la gauche apportant de temps à autre des réponses à l’actualité politique, au lieu de vilipender sans cesse ses propres frères d’idées (petit indice ; elle revient d’une tournée sud-américaine probablement enrichissante où elle est allée soutenir ses consœurs de la gauche politique). Quelques décisions heureuses sont prises ici et là (approbation du Traité simplifié de Constitution Européenne), mais on est encore loin du Walhalla progressiste et d’un parti tourné vers le futur plutôt que sur ses erreurs.
L’opposition aurait tellement de réponses à apporter si elle choisissait sincèrement la voie du dialogue et de la modération, en discutant des réformes en cours, par certains aspects nécessaires, plutôt que de les critiquer à tout va. La gauche et les syndicats français donnent aujourd’hui une impression d’archaïsme et de conservatisme qui siérait tellement mieux à la droite, en s’opposant ainsi à toute proposition émanant d’autres horizons politiques. C’est à la gauche modérée de s’exprimer, en refusant de se laisser prendre en otage par une gauche radicale, sectaire et extrêmement minoritaire, et en revendiquant un héritage progressiste et réformateur, dans le sens positif du terme.
L’opposition aurait tellement de réponses à apporter si elle se rassemblait pour accuser les véritables problèmes de société qui se posent aujourd’hui. Ce n’est pas lorsque chaque citoyen se préoccupe uniquement de ses petits problèmes qu’une lueur d’espoir se lève (à l’est !). Nous sommes aujourd’hui les enfants d’une République dans laquelle les étrangers vont être testés génétiquement dans le cadre du regroupement familial, une République dans laquelle les immigrés préfèrent se jeter d’une fenêtre d’immeuble plutôt que de tomber aux mains de la police, une République dont le président a récemment négocié avec un dictateur dont le pays utilise au su et au vu de tous la torture, pour revendre quelques réacteurs atomiques. Et contre quoi les opposants manifestent ? Deux ans et demi de cotisation de retraite. Triste constat.
L’opposition aurait tellement de réponses à apporter si elle prenait la décision de changer profondément et de se conduire raisonnablement, en apportant la perspective d’une véritable alternative au projet de société de la majorité, en refusant les mesures véritablement inquiétantes et les politiques douteuse. Bref, en étant une opposition et une gauche responsable. Les semaines prochaines nous diront si elle mérite de le devenir durablement.
Place à la gauche modérée, place à la paix sociale !