ЯЭPUBLIQUЭ TФTALITAЯISTЭ DU SIMOЙTHФLLФTISTAП

| Novembre 2009 | ||||||||||
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Les toutes récentes élections en Russie, dont les leaders politiques disposent d'un taux de popularité inversement proportionnel à celui de notre "exemplaire" chef d'Etat, auront au moins eu l'avantage de mettre en évidence ce qui différencie une véritable démocratie d'un régime discutable en période d'élections ; une certaine incertitude jusqu'à l'attente des scrutins gagnants, certainement plus palpitante que d'attendre vainement, une Guinness à la main, l'annonce de résultats sinon staliniens, au moins brejneviens.
Les États-Unis font partie de ces démocraties authentiques. Ils sont peut-être même la plus importante du monde, ayant su résister à l'usure des siècles, surmontant les guerres les plus désastreuses comme les crises les plus terribles, permettant au phare de la liberté d'éclairer le monde dès que cela fut jugé nécessaire. Seulement voilà, ces dernières années, une brume noire et opaque aux relents de charnier empêcha la lumière de se répandre correctement. Peu à peu elle se dissipe, mais quelques effluves enveniment encore l'atmosphère. Waterboarding, Moyen-Orient, crise des subprimes ; tout n'est pas rose après l'ère Bush, qui ne devrait pas laisser dans les mémoires d'outre-Atlantique les souvenirs d'un Roosevelt. Au moins est-il encore à ce jour le meilleur président Républicain du XXIème siècle...
Nos amis américains décideront dans quelques mois si l'année 2008 sera celle du changement ou de la continuation. Ou du moins, environ 50% d'entre eux, la politique déplaçant hélas moins les foules au Nouveau Monde que sur le vieux continent. Le changement ou la continuation, le renouvellement ou la stagnation, pas besoin d'avoir une Green Card pour faire son choix. Je ne suis pas américain, et certains pourraient penser que je n'ai pas mon mot à dire. Pourtant, impossible de ne pas voir à quel point la politique américaine influence l'état de santé de notre planète, du fait du statut d'hyper-puissance des États-Unis, de nos jours assez peu contestée. Par certains aspects, le président américain préside aux destinées du monde, hors nous sommes tous des citoyens du monde. Ayons notre mot à dire, dusse-t-il être balayé par les vents des steppes, pour ne citer personne.
Les années Bush ont plongé les États-Unis dans une situation difficile. Si le conflit irakien n'est plus l'insondable bourbier qu'il était il y a quelques mois, la situation au Moyen-Orient reste extrêmement difficile. L'impopularité du peuple américain a atteint des records du fait de l'exécrable administration de son président, et ce sur la quasi-totalité des cinq continents. Les politiques économiques et sociales menées par les Républicains montrent aujourd'hui leurs profondes limites. Bref, il est nécessaire de reconstruire quelque chose de nouveau. Certains diraient « du passé, faisons table rase... ». Mais nous n'irons pas jusque-là.
Des cinq prétendants restant en jeu pour la course aux nominations, puis à la présidentielle, un seul semble vraiment capable à mes yeux de faire souffler ce vent d'espoir et de renouveau, du Grand Canyon au Lac Michigan, en passant par les plaines du Midwest. Aux yeux de beaucoup outre-atlantique, Barack Obama incarne ainsi, avec quelques exagérations toujours bienvenues en temps de campagne électorale, ce subtil mélange entre John F. Kennedy et Martin Luther King qui pourrait relever l'Amérique. Espérons simplement qu'il ne finisse pas de la même manière.
Pour certains esprits peut-être un peu trop gavés de paraboles bibliques, Barack Obama pourrait apporter une petite dose de rédemption bien méritée après les deux mandats de George W. Il représente le changement, presque physiquement. Le candidat incarne ainsi à merveille tout ce qui a toujours fait le succès de l'Amérique ; la diversité des origines dans une société (aujourd'hui) ouverte, l'esprit d'initiative saupoudrée d'une certaine “audace d'espérer”, le rêve d'un monde meilleur sous couvert d'un certain réalisme. Beaucoup d'idées abstraites dans tous ces beaux discours ? Pas seulement. Le sénateur de l'Illinois s'est aussi fait remarquer pour les projets politiques antérieurs qu'il a mené à bien dans son État, et gageons qu'il ne reste pas impassible devant les difficultés des États-Unis. Véritable assurance maladie, politique extérieure à la fois plus humaine et plus réaliste, instauration de relations nouvelles avec le reste du monde. Bref, une rupture. Qui serait certainement loin d'être tranquille.
Qu'en est-il de la politique franchement libérale prévue et assumée ? Quel est mon point de vue d'affreux social-démocrate ? Et bien voilà. Nous sommes en Amérique. C'est un pays où il faut rêver, seulement les européens rêvent différemment. Ce sera toujours mieux que d'autres. Les autres... parlons-en justement !
Il semblerait bien, mieux, il est certain, que le futur adversaire du candidat démocrate sera John McCain. Le monsieur n'est plus tout neuf. Au vu de la politique américaine, c'est quasiment son seul désavantage, et encore. A vrai dire, les représentants de la gauche états-unienne n'auraient pas pu imaginer un adversaire plus redoutable. Tout en envisageant de poursuivre les fondamentaux de la politique extérieure des années Bush (avec renforcement de la présence militaire en Irak, par exemple), le sénateur McCain rompt sous bien des aspects avec le néo-conservatisme à la sauce W. Il parvient ainsi miraculeusement à ne pas trop rappeler le récent passé de son parti et les affres de la gestion du pays de son prédécesseur. Bien sûr, il se réclame du grand Ronald, emblême indémodable des Républicains, mais apporte toutefois quelques apports personnels à ce qu'il désire pour l'Amérique. Que ce soit sur des questions économiques (importance des prélèvements obligatoires) ou plus sociales (certain laxisme vis à vis de l'immigration qui lui vaut une certaine popularité chez les hispaniques), McCain se montre assez centriste. Du point de vue états-unien bien sûr, car à côté de lui notre cher béarnais serait un dangereux trotskyste guettant je ne sais quel grand soir.
C'est un centriste. Et il est populaire, y compris chez les Démocratres. Tout le contraire de son éventuelle adversaire, Hillary Clinton, plutôt impopulaire... y compris chez les Démocrates. De quoi attirer le vote des indépendants désabusés, et éventuellement amnésiques vis à vis de ce qu'ont fait les Républicains ces dernières années, prenant parfois la planète pour un jeu de fléchettes où l'on s'amuse de temps en temps.
Voilà qui ne facilitera donc pas la tâche du parti de l'âne. Il ne manquerait plus que John McCain soit un vétéran martyr de la guerre du Vietnam. Ah, c'est le cas ? Comme on dit parfois sur les collines du Forez ; Fouilla !
Bref, vous l'aurez compris, l'affaire sera loin d'être aisée pour le candidat démocrate. Pour citer quelque chevelu chanceux de mai 68 ; nos médias nous mentent ! Ou du moins, ils pointent du doigt ce qui nous intéresse, nous autres gaulois entièrement acquis à la cause du Parti Démocrate parce qu'au moins, eux ne renomment pas les French fries en Liberty Fries. Non, l'élection américaine de 2008 ne se jouera pas uniquement du côté Démocrate. Non, les seuls candidats à la Maison Blanche ne sont pas un individu de sexe féminin et un autre d'origine afro-américaine. Oui, les Républicains auront un candidat. Et oui, ces derniers ont donc des chances, et pas des moindres, de l'emporter une troisième fois consécutive. A moins que les citoyens américains de progrès fassent le bon choix.
Mardi 4 Mars auront lieu les primaires du Texas et de l'Ohio, deux Etats densément peuplés qui apporteront un nombre non-négligeable de délégués au vainqueur démocrate, qu'il s'agisse d'Hillary Clinton ou de Barack Obama, aujourd'hui en tête face à sa rivale (1202 délégués contre 1042) grâce à une impressionante dynamique qui agite les cinquante Etats de l'union. J'ose espérer une nouvelle victoire du sénateur de l'Illinois, qui lui donnerait une avance considérable sur sa rivale.
Dans ce cas, plusieurs solutions. La sénatrice de New-York décide de continuer malgré tout la course à l'investiture, entraînant le camp démocrate dans une lutte fratricide qui pourrait durer jusqu'à l'été, affaiblissant profondémment le camp de nos chers candidats, empêchant la désignation rapide d'un adversaire fort et solide face à John McCain, accentuant les divisions internes, et forçant les cadres du Parti Démocrate à désigner finalement un vainqueur, esseulé, essouflé, critiqué, avant même la confrontation face au camp adverse pour la véritable élection.
Dans l'heureuse solution d'une large victoire de Barack Obama, il ne faut pas exclure la possibilité d'un retrait d'Hillary Clinton et la reconnaissance du choix des militants, peut-être pas immédiatement, mais en tout cas avant la date évoquée un peu plus haut. Le sénateur de l'Illinois aurait ainsi la voie libre pour affronter à armes égales le candidat du Parti Républicain, encore intact et avec le soutient massif de son camp, dans une élection qui promet d'être particulièrement palpitante !
Reste à savoir ce qui se passera demain et dans les jours qui suivront. En espérant que les américains feront le choix du progrès et du changement, au risque de se retrouver dans une situation de désillusion assez semblable à celle que connaissent actuellement nos compatriotes, quelques rubans jaunes 'Support the Troops' en plus à l'arrière des voitures.